Réponses du consul général à Alger à l’article paru dans le quotidien "L’Expression" du 27 décembre 2010 relative aux visas

Les visas : entretien avec M. Michel Dejaegher, consul général de France à Alger (27 décembre 2010).

1. Question : un article du quotidien "L’Expression", paru le lundi 27 décembre, estime que le nombre de visas délivrés par la France (70.000 au 8 décembre 2010) est nettement inférieur au nombre de visas délivrés en 2008. Que répond le consul général de France à Alger ?

Réponse du consul général : ce chiffre, qui se trouvait en effet sur le site Internet de l’ambassade et qui en a été retiré depuis, était inexact.

Il correspondait à une évaluation du nombre des seuls visas de court séjour délivrés par le seul consulat général de France à Alger.

Les chiffres exacts de l’ensemble des visas délivrés sont les suivants :

Au 30 novembre 2010, pour les 11 premiers mois de l’année, le consulat général de France à Alger avait à lui-seul délivré 75.956 visas, celui d’Oran 27.678 visas et Annaba 21.393, soit un total de 125.027 visas.

Pour 2008, pour les mêmes premiers 11 mois, les chiffres étaient de 73.475 pour Alger, 23.799 pour Oran et 23.810 pour Annaba, soit un total de 121.084 visas délivrés. Entre 2008 et 2010, le nombre de visas délivrés a donc augmenté.

2. Selon cet article de "L’Expression", le ministre de la pêche maintient que des visas ont été refusés aux deux négociateurs algériens qui devaient se rendre à une réunion sur le thon rouge à Paris. Continuez-vous à affirmer que le consulat ne leur a pas refusé ces visas ?

Les propos du ministre de la pêche ne sont pas en contradiction avec les miens.

Il affirme que le ministère de la pêche m’a adressé un courrier à ce sujet, courrier que je n’ai pas reçu. Il n’a pas dit que les dossiers avaient été déposés et que les visas avaient été refusés.

J’affirme de mon côté qu’aucun dossier de demande de visa (contenant donc passeport, formulaire, photo, justificatifs) n’a été déposé par ces deux personnes et qu’en conséquence, contrairement à ce qu’ont affirmé certains organes de presse, les visas ne leur ont pas été refusés. Je note que le ministère de la pêche n’a pas pris contact avec moi pour s’inquiéter de l’absence de réponse à son courrier.

3. Selon l’article de ’L’Expression", les restrictions à la délivrance de visas aux ressortissants algériens annoncées par ministre français de l’Intérieur, M. Hortefeux, dans une interview au Figaro, seraient en contradiction avec votre engagement de simplifier les procédures. Comment envisagez-vous de gérer cette contradiction ?

Les propos du ministre de l’Intérieur français ont été déformés.

Dans son interview au Figaro du 7 décembre 2010 (http://www.lefigaro.fr/politique/2010/12/07/01002-20101207ARTFIG00642-l-immigration-illegale-doit-baisser-et-elle-baissera.php), M. Hortefeux a consacré une phrase aux visas. Je la cite :

Dans les prochaines semaines, je les réunirai [les préfets] avec les consuls pour leur fixer mes priorités dans l’attribution de visas et leur demander d’être plus vigilants dans la délivrance des visas de court séjour qui ne doivent pas être des "passeports pour la clandestinité".

M. Hortefeux n’annonce donc pas de restrictions à la délivrance de visas, mais une plus grande vigilance lors du traitement des demandes de visa. Son objectif est de lutter contre l’immigration clandestine.

Il est donc inexact d’affirmer, comme le fait l’article de "L’Expression" que "M. Hortefeux se prononce pour la réduction des visas de court séjour pour les Algériens".

Quant aux simplifications mises en oeuvre par le consulat, elles n’ont bien évidemment pas pour objectif de faciliter l’immigration clandestine, mais de faciliter la délivrance de visas aux personnes de bonne foi. Il n’y a pas de contradiction entre la vigilance dont fait preuve le consulat avec notre souci de simplification des procédures.

publié le 20/03/2013

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